La Game Gear débarque en 1990 avec un écran couleur alors que tout le monde trimballe encore des Game Boy en noir et blanc. Game Gear Game Gear, ce nom qui sonne un peu bizarre mais qui revient tout le temps chez les fans de rétro, c’est juste la même machine : la portable de Sega qui voulait faire les choses différemment. Sortie au Japon le 6 octobre 1990, elle touche la France en juin 1991. Et franchement, Sega a mis le paquet pour se faire remarquer.
L’histoire de la Game Gear Game Gear, de Project Mercury à nos étagères
Sega n’a pas fait les choses à moitié. Ils voulaient une version nomade de leur Master System, avec de la vraie couleur et du rétroéclairage. Le codename interne, c’était Project Mercury. Résultat : une console un peu plus grosse que la concurrence, qui tient dans les mains comme une Megadrive miniature, mais qui bouffe les piles comme pas permis.
En fait, le hardware est costaud pour l’époque. Processeur Z80 à 3,58 MHz, 160 × 144 pixels en couleur sur un écran de 8,3 cm, palette de 4096 couleurs. Le tout dans un boîtier de 21 cm de large qui pèse son poids. Sega a même pensé à la compatibilité : avec l’adaptateur Master Gear, tu pouvais balancer des cartouches Master System directement dedans. Malin.
Mais le vrai hic, c’était l’autonomie. Six piles AA pour à peine 3 à 5 heures de jeu. Du coup, beaucoup de gamins finissaient par jouer branchés sur secteur ou en accumulant les paquets de piles rechargeables. Sega a vendu entre 11 et 14 millions de consoles dans le monde. Pas honteux du tout, même si la Game Boy en a fait bien plus.
Game Gear Game Gear face à la Game Boy : le duel qui a marqué les années 90
Sur le papier, la Game Gear gagnait haut la main. Écran couleur rétroéclairé, orientation paysage plus confortable, une puissance qui permettait des ports plus fidèles. Sega aux États-Unis n’a pas hésité à faire des pubs bien agressives en se moquant ouvertement des joueurs Game Boy.
Le problème ? Le prix plus élevé, la taille imposante et surtout cette batterie qui lâche au bout de quelques heures. Nintendo, avec sa Game Boy sobre et qui tenait 30 heures sur quatre piles, a écrasé la concurrence. Mais la Game Gear a quand même trouvé son public. Surtout chez ceux qui voulaient de la couleur et qui avaient déjà des jeux Master System à la maison.
En France, l’arrivée en juin 1991 s’est faite un peu dans l’ombre. Les packs avec Aladdin ou Sonic partaient bien, mais le TV Tuner (cet accessoire qui transformait la console en télé portable) n’a jamais été commercialisé ici. La redevance audiovisuelle avait eu raison du projet. Dommage, parce que c’était un gadget de ouf à l’époque.
Les jeux qui ont fait vibrer la Game Gear
La ludothèque fait dans les 300 à 400 titres, dont une bonne partie de conversions Master System. Au lancement, Columns servait de pack-in, un petit Tetris-like qui marchait bien. Mais les vrais hits sont arrivés après.
Sonic the Hedgehog d’abord, puis Sonic the Hedgehog 2 qui a cartonné avec environ 400 000 exemplaires vendus sur la portable. GG Shinobi, Land of Illusion starring Mickey Mouse, Castle of Illusion, Aladdin (souvent en pack avec la console), Le Roi Lion, Batman Returns, Mortal Kombat… Il y avait aussi des pépites comme Wonder Boy III: The Dragon’s Trap, Out Run ou les Shining Force Gaiden pour les fans de RPG tactique.
Ce qui est cool avec la Game Gear, c’est que beaucoup de jeux Disney sont sortis en version française localisée. Sur les sites d’occasion français, tu tombes encore régulièrement sur des Aladdin, Roi Lion ou Schtroumpfs avec notice FR. Ça fait plaisir.
Où trouver une Game Gear aujourd’hui en 2026
La nostalgie ne faiblit pas. Sur Leboncoin, Gamecash ou Retrogameplace, tu trouves des consoles d’occasion en état correct entre 100 et 200 euros selon si elle vient avec l’adaptateur secteur et l’état des piles. Les jeux communs tournent autour de 10-30 euros, les plus recherchés (certains Disney ou titres rares) montent plus haut.
Et puis Sega a sorti en octobre 2020 la Game Gear Micro pour les 60 ans de la marque. Une version mini ultra-compacte, disponible en noir, bleu, jaune et rouge, chacune avec quatre jeux préinstallés (Sonic, Out Run, Shining Force Gaiden et d’autres selon la couleur). C’est pas la vraie expérience piles qui claquent, mais c’est mignon et ça permet de redécouvrir quelques classiques sans prise de tête.
Pourquoi la Game Gear Game Gear reste culte dans la culture geek
Au final, la Game Gear, c’est Sega tout craché : audacieux, un peu imparfait, mais avec du caractère. Ils ont essayé de faire une portable couleur et confortable à une époque où personne ne le faisait vraiment bien. La batterie les a un peu trahis, le soutien s’est essoufflé quand Sega s’est concentré sur la Megadrive puis la Saturn, mais la console a survécu.
Aujourd’hui, elle fait partie des machines de cœur pour pas mal de geeks de la trentaine et la quarantaine. Des clashs Game Gear vs Game Boy refont surface sur YouTube, des collectionneurs montent des full sets, et les kids qui découvrent le rétro via leurs parents tombent souvent dessus en mode « waouh, y’avait de la couleur déjà à l’époque ? ».
Honnêtement, si tu tombes sur une Game Gear en bon état avec Sonic 2 ou un Shinobi dedans, ne passe pas à côté. C’est pas la plus parfaite des portables, mais c’est une de celles qui ont le plus de personnalité. Et dans le monde des marques geek, Sega a toujours eu cette capacité à proposer des trucs un peu à part qui restent gravés longtemps après. La Game Gear en est un parfait exemple.