La distribution de The Killer's Game, c'est un peu le rêve de tout fan d'action qui se respecte. Dave Bautista en tête d'affiche, entouré de pointures comme Sofia Boutella, Ben Kingsley ou encore Terry Crews, le tout mis en scène par un ancien coordinateur de cascades passé derrière la caméra. Le film, disponible sur Prime Video depuis janvier 2025 en France, suit Joe Flood, un tueur à gages chevronné qui apprend qu'il est condamné par une maladie. Catholique pratiquant, il refuse le suicide et décide plutôt de mettre une prime sur sa propre tête pour que ses « collègues » s'en chargent. Sauf que le diagnostic était faux. Du coup, il doit survivre à une armée d'assassins qu'il a lui-même engagés, tout en protégeant sa compagne. Le truc, c'est que ce pitch ultra-classique de « un contre tous » prend une saveur particulière grâce à un casting qui carbure à l'énergie geek et aux corps qui parlent fort.

Dave Bautista porte le film sur ses épaules de géant. Il incarne Joe Flood, ce tueur professionnel avec un code moral tordu mais bien présent. Après ses rôles marquants dans les Gardiens de la Galaxie ou Dune, voilà le grand gaillard qui passe en mode leading man pour de bon. Et franchement, ça lui va bien. Il y a toujours ce mélange de force brute et de timing comique qui fait son charme. Ici, il balance des bastons chorégraphiées avec précision tout en gardant une certaine humanité désabusée. Le personnage évolue d'un mec prêt à tout lâcher à un type qui se bat pour une seconde chance, et Bautista rend ça crédible sans jamais se prendre trop au sérieux. C'est du pur divertissement musclé, pile dans ce qu'on attend de lui en 2025-2026.

Sofia Boutella en Maize, c'est l'étincelle romantique et physique du film. Elle joue la compagne de Joe, danseuse de son état, que tout le monde va finir par viser une fois la prime lancée. L'actrice franco-algérienne, déjà vue dans Atomic Blonde ou Kingsman, apporte cette grâce dangereuse qui fait qu'on la croit capable de se défendre même si le scénario la place souvent en position de « à protéger ». Leur relation donne un peu de cœur à cette histoire de tueurs qui s'entre-tuent. Et visuellement, le duo Bautista-Boutella fonctionne à fond : lui massif et direct, elle fluide et explosive. Les scènes d'action à deux respirent vraiment grâce à elle.

Ben Kingsley en Zvi et Terry Crews en Lovedahl (ou Creighton Lovedahl selon les sources) apportent du poids et du contraste. Kingsley, toujours aussi impérial, incarne un personnage qui semble tirer quelques ficelles dans cet univers de contrats et de trahisons. Sa présence calme et menaçante équilibre parfaitement le chaos ambiant. De l'autre côté, Terry Crews débarque avec son énergie démesurée et son sens de la vanne. Le rôle a d'ailleurs connu quelques ajustements de casting à l'époque (Ice Cube était annoncé au départ), mais Crews s'y sent comme un poisson dans l'eau. Il transforme ce qui aurait pu être un simple gros dur en une présence à la fois comique et redoutable. Leur duo avec Bautista crée des moments où l'action laisse place à des échanges qui claquent.

Pom Klementieff, Scott Adkins, Drew McIntyre et les autres complètent une distribution de The Killer's Game particulièrement stacked. Pom, qu'on adore déjà en Mantis dans les Gardiens de la Galaxie, joue Antoinette (ou Marianne). Elle injecte cette touche excentrique et imprévisible qui manque souvent aux films d'action purs. Scott Adkins en Angus Mackenzie, c'est le spécialiste des arts martiaux qui vient rappeler que le film ne rigole pas avec les chorégraphies de fight. Et puis il y a Drew McIntyre en Rory Mackenzie : voir une star de la WWE dans un rôle de tueur à gages, c'est le genre de crossover qui fait sourire les geeks qui suivent à la fois le catch et le cinéma de baston. Autour d'eux gravitent Daniel Bernhardt (Radovan), Marko Zaror (Botas), Hoon Lee, Shaina West ou encore Lucy Cork. Chacun apporte sa petite touche, que ce soit dans les combats ou les petites touches de personnalité qui évitent que tout le monde soit interchangeable.

Derrière tout ça, il y a l'adaptation d'un roman de 1997. Jay Bonansinga avait publié The Killer's Game bien avant que le concept de « hitman qui se fait chasser par ses pairs » devienne presque un sous-genre. Le scénario signé Rand Ravich et James Coyne reste assez fidèle à l'esprit du bouquin tout en l'actualisant pour l'écran. Le film garde cette idée un peu absurde et géniale d'un type qui organise son propre enterrement professionnel, puis doit tout défaire quand la vie lui redonne une chance. C'est à la fois du pur pulp et une réflexion légère sur la rédemption, le tout emballé dans 1h44 de course-poursuite et de flingues qui claquent.

J.J. Perry derrière la caméra, c'est presque une garantie de qualité pour les amateurs de cascades. L'ancien stuntman et coordinateur (notamment sur la saga John Wick) passe à la réalisation avec une vraie compréhension de ce qui fait vibrer une scène d'action. Il ne se contente pas de filmer des bastons : il les chorégraphie, les rythme, et laisse de la place au souffle et à l'humour. Le budget autour de 30 millions de dollars se sent dans les décors (tournage à Budapest) et la qualité des fights, même si le film n'a pas cartonné au box-office américain. En streaming, par contre, il trouve son public : ceux qui veulent du divertissement sans prise de tête un vendredi soir.

Alors, la distribution de The Killer's Game vaut-elle le détour ? Pour les fans de culture geek, clairement oui. On y retrouve des visages du MCU (Bautista et Pom Klementieff), une star de catch en pleine reconversion cinéma, des spécialistes de l'action venue d'horizons divers, et un réalisateur qui parle le langage des cascades mieux que personne. Ce n'est pas un chef-d'œuvre qui va révolutionner le genre, mais c'est un film qui sait exactement ce qu'il est : une partie de chasse endiablée où les meilleurs tueurs du monde se retrouvent à se courser les uns les autres. Et avec un casting pareil, le spectacle est au rendez-vous.

Si tu mates déjà sur Prime Video, tu sais que ce genre de titre passe souvent inaperçu au milieu des blockbusters. Mais la distribution de The Killer's Game mérite qu'on s'y attarde un peu. Entre les corps qui volent, les punchlines bien placées et cette vibe « tous contre un mais avec du cœur », il y a de quoi passer un bon moment. Et puis, honnêtement, voir Dave Bautista en mode « je vais survivre à ma propre mort » pendant 104 minutes, ça reste un programme solide pour les amateurs de grands gaillards qui envoient du lourd tout en gardant le sourire.